À l’occasion de la signature de l’Initiative d’Excellence de Bordeaux aujourd’hui, 3 février 2012, à Bordeaux, par le Premier Ministre, Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine, tient à féliciter à nouveau les universités et écoles de l’Université de Bordeaux pour leur sélection dans cet appel à projets pourvu d’une dotation de 700 millions d’euros.
Ce succès consacre la qualité des recherches menées sur le site, ainsi que la forte mobilisation des chercheurs et enseignants-chercheurs. Il conforte également la politique volontariste menée par la Région Aquitaine, depuis 1998, pour accompagner le développement et la structuration de la communauté académique : appels à projets, chaires d’excellence pour inciter les chercheurs de haut niveau à venir s’installer en Aquitaine, accompagnement de grands projets structurants (Iecb, 13,8 millions d’euros d’aide régionale), l’Isvv (18 millions d’euros d’aide régionale) ou encore le projet Petal (25 millions d’euros d’aide régionale)… constituent les dispositifs mis en place pour accompagner l’émergence des nouvelles équipes et aujourd’hui la reconnaissance de leur excellence !
Cependant, ce succès ne doit pas occulter la réalité actuelle du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. Alors que le Premier Ministre vient d’annoncer, ce matin, 3 février 2012, cinq nouveaux campus de rang mondial, on observe une tension budgétaire sans précédent affectant les universités françaises et les organismes de recherche, au premier rang desquels le Cnrs, et pour nous, en Aquitaine, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.
Voici quelques exemples concrets…
- L’Opération Campus, seulement 57 millions d’euros d’opérations engagées, alors que le Gouvernement annonçait cinq milliards d’euros (source : rapport de la Mission d’Évaluation et de Contrôle de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale).
- le Programme National des Investissements d’Avenir et son effet d’annonce de 22 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche. En Aquitaine, la dotation Idex Bordeaux de 700 millions d’euros, placée au Trésor, générera en réalité, une rémunération de 23,9 millions d’euros par an pendant dix ans, soit un financement global de 239 millions d’euros.
Parlons vrai, ce sont les intérêts !
Sur le même périmètre, la Région Aquitaine investit plus de 35 millions d’euros par an, soit 1,5 fois l’apport de l’État à l’Idex.
Mécaniquement, force est de constater que les investissements d’avenir ne pourront se faire sans la contribution des collectivités et plus singulièrement celle des Régions. Dès lors, pourquoi ne sont-elles pas associées à leur gouvernance ?
Le redressement industriel et technologique de la France suppose une immersion totale dans le tissu local de la recherche, de l’industrie et de la formation. Il suppose également d’inventer de nouveaux systèmes de gouvernance, modernes et innovants qui favorisent la fertilisation croisée à différentes échelles : État – Régions, Universités – Instituts de recherche (Cea, Inra, Inria, Inserm), grandes écoles (Ipb, Sciences Po Bordeaux)…
Ne peut-on pas jouer la synergie et partager des stratégies communes pour construire la compétitivité à long terme de la France ?
L’investissement de l’enseignement supérieur et de la recherche est vital pour l’avenir de la France et de nos régions, et mérite un soutien constant et ambitieux, bien sûr géré de façon rigoureuse mais à la hauteur de l’enjeu qu’il représente pour la France. Cet investissement doit permettre l’entrée de la France dans la société de la connaissance, par une élévation du niveau de formation des jeunes s’appuyant sur un dispositif d’enseignement équitable et performant.
Source : Conseil Régional d’Aquitaine