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Tram et Bus de la Communauté Urbaine de Bordeaux, Keolis prend le volant

Après avoir dans un premier temps écarté la solution régie, le Conseil de Cub du 28 novembre 2008 a décidé de suivre Vincent Feltesse dans sa proposition de retenir la société Keolis comme délégataire du service public des transports urbains et transports pour personnes à mobilité réduite. Keolis se voit également confier la gestion des parcs relais et la création d’un service de mise à disposition de vélos à l’échelle de la Cub, après confirmation de l’activation de ces deux options.

Le nouveau contrat est conclu pour une durée de cinq ans et prendra effet à compter du 1er janvier 2009. Dans la foulée de cette décision, quelques rendez-vous sont à retenir :

10 décembre 2008
Keolis présentera le nouveau réseau à l’occasion de la réunion de la conférence des communes.
du 1er janvier 2008 au 30 avril 2009
Négociations entre le délégataire et les communes sur le réseau d’autobus.
1er juillet 2009
Mise en place du service vélos
1er septembre 2009
Mise en place du nouveau réseau tbc.

La procédure en bref

C’est le 26 octobre 2007 que le Conseil de Cub a officiellement lancé la procédure de Dsp des transports urbains, le 20 décembre 2007 étant retenu comme date butoir pour les déclarations de candidature. Les offres remises par Keolis et Veolia ont été ouvertes par la commission ad hoc le 29 mai 2008. Cinq réunions de négociation se sont ensuite tenues du 30 juillet au 1er octobre 2008. Les deux candidats ont remis leur offre définitive le 17 octobre 2008, après un dernier entretien avec Vincent Feltesse.

L’aiguillon de la concurrence a globalement joué à la hausse des engagements de chacun. Comparé au contrat encore aujourd’hui en vigueur, Veolia et Keolis ont singulièrement élevé leur niveau d’offre, pour afficher au final des objectifs particulièrement ambitieux, en termes de fréquentation et de recettes induites comme de qualité de service et de maillage du territoire par les transports publics. La différence entre les deux opérateurs s’est ensuite jouée sur peu d’éléments, Keolis raflant la mise sur une meilleure capacité d’innovation, une meilleure équité dans la desserte des communes, une approche véritablement urbaine - le développement et le devenir des territoires est intégré, de même que l’évolution des modes de vie - et la pertinence globale de sa vision du réseau d’autobus. Autre motif de satisfaction : la baisse programmée de la contribution de la Cub au fonctionnement du service permet de dégager de nouvelles marges de manœuvre pour le financement de la troisième phase (17 km de tramway, plus 7 km de tram train). Avec les engagements de l’État qui découlent du Grenelle de l’environnement, l’horizon apparaît aujourd’hui un peu mieux dégagé sur le front des transports urbains.

Une batterie de critères

Conformément aux règles du jeu définies dans le cahier des charges de la Dsp, le Conseil de Cub a croisé un ensemble de sept critères pour asseoir sa décision.

  • Optimisation de la contribution financière de la Cub.

    Ce critère est à l’avantage de Veolia avec un écart d’environ 11 millions d’euros sur la durée du contrat (2,35 millions d’euros en moyenne par an), options parcs relais et vélos incluses.
    Compte tenu des masses financières en jeu (environ 90 millions d’euros par an), ce différentiel reste toutefois modeste.

  • Fréquentation et validations.

    Keolis passe devant sur ce point en affichant des objectifs beaucoup plus ambitieux, à savoir plus de 146 millions de voyageurs transportés en 2013 (132 millions de validations), contre 135 millions pour Veolia (108 millions de validations).

  • Autres éléments quantitatifs.

    Keolis occupe ici aussi la première place, avec une offre aboutissant à 31,7 millions de kilomètres parcourus en 2013 contre 27,1 millions de kilomètres pour Veolia. C’est 18 % de mieux.

    D’autres indicateurs sont pris en compte dans cette rubrique comme les formules d’indexation, les variations de la contribution en fonction de la vitesse commerciale ou la lutte contre la fraude que les deux candidats s’engagent à réduire (5 à 8 % à l’horizon 2011), mais ne modifient pas le résultat d’ensemble.

  • Développement durable
  • Transparence de la gestion
  • Qualité du service, continuité, accessibilité : égalité des candidats sur ces trois critères.
  • Optimisation des dessertes

    Avantage global à Keolis dont le projet de réseau constitue une base solide de maillage du territoire.

L’offre Keolis à la loupe

Deux ratios résument à eux seuls l’intérêt de la proposition Keolis. Le premier mesure l’attractivité et l’usage du réseau, il s’agit du nombre de voyages par an par habitant : 219 à l’actif de Keolis contre 201 pour Veolia. Le second mesure le taux de couverture des dépenses par les recettes : actuellement évalué à 29 %, il devrait être porté à 45 % en 2013, ce qui rapprochera le réseau Tbc de la norme nationale (36 % pour Nantes aujourd’hui, 44 % pour Lyon, 57 % pour Montpellier, 62 % pour Strasbourg…).

Globalement, la facture à la charge de la Cub va baisser de plus de 10 %, passant d’environ 100 millions d’euros en 2008 à 87,5 millions d’euros (avec les options) en 2013, alors qu’en parallèle l’offre kilométrique (31,7 millions de kilomètres parcourus en 2013) progresse de 23 % par rapport au réseau actuel. C’est la martingale gagnante pour Keolis puisque la charge au kilomètre s’élève à 4,80 euros en moyenne chez ce dernier, contre 5,26 euros pour Veolia. Un plus qui se double d’une prise de risque plus importante : l’engagement à transporter plus de 146 millions de voyageurs en 2013 représente un bond en avant de 73 % par rapport à 2007.

Autre atout de la proposition Keolis : ce dernier a adossé son dossier à un gros travail d’enquête (10 000 personnes interrogées), pour intégrer, en termes prospectifs, le développement des territoires et les mutations de la demande de déplacements. À cet égard, l’offre d’autobus se répartit Néquitablement entre le centre de l’agglomération et la périphérie, aussi bien côté service de soirée et de nuit que service de jour, en heures de pointe ou en heures creuses. Le déploiement de cette offre limite les risques pour la Cub de mise en place de kilomètres supplémentaires, toujours chers.

  • Le réseau Keolis se base sur un service continu de 6 h 30 à 20 h 00 - 21 h 00, sans heures creuses, avec des autobus toutes les 10 à 15 mn sur le réseau principal (cadencement à 10 minutes sur les lignes structurantes).
  • Les liaisons de périphérie à périphérie sont multipliées (une quarantaine de
    nouvelles liaisons entre les communes de la première et de la deuxième
    couronne) et 10 lignes fortes (dont 8 lianes) préfigurent un réseau d’autobus à haut niveau de service.
  • Cinq navettes locales sont créées, en plus de la navette électrique qui circule sur Bordeaux : Bègles, Bordeaux, Le Bouscat, Mérignac, Pessac-Talence.
  • Des dessertes adaptées à certains secteurs voient le jour, par exemple pour les zones d’activités, l’intermodalité est mieux cernée…
  • Plus de cent emplois supplémentaires devraient être créés.

Vélos en libre service, le quatrième réseau de France

À la base, la proposition de Keolis s’avère moins coûteuse pour la Cub (environ 1100 euros par an par vélo), plus évolutive et assure un meilleur maillage du territoire.

  • 1683 vélos en libre service seront répartis dans 139 stations. 16 communes sont directement concernées par ce projet, contre 11 chez Veolia.
  • La première demie-heure sera gratuite, le coût étant ensuite fixé à 1 euro de l’heure pour les abonnés Tbc et 2 euros de l’heure pour les autres.
  • Toutes les communes seront équipées d’un stationnement ouvert réservé aux vélos des particuliers, pour faciliter les correspondances avec le réseau de transports en commun (50 parcs prévus pour une capacité cumulée de 800 places).
  • Le coût à la charge de la Cub s’élève à 8 millions d’euros sur cinq ans, l’ensemble des investissements étant assumés par le délégataire.

Source : Cub

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