Passerelle Eiffel, « Battez-vous et assumez, Monsieur Juppé ! », s’exclame Alain Rousset

Le Conseil Régional d’Aquitaine a publié une mise au point d’Alain Rousset, son président, sur la passerelle Eiffel, le 24 juin 2008.

Depuis quelques jours, il est annoncé dans la presse ou encore expliqué aux journalistes que le Conseil Régional d’Aquitaine ne s’associe pas au devenir de la passerelle Eiffel.

Cette intoxication journalistique devenant de plus en plus récurrente, Alain Rousset a souhaité réagir. Tout d’abord, sous forme d’un rappel : « À mon arrivée à la tête de la Cub, j’ai sauvé les écluses des bassins à flots alors qu’Alain Juppé voulait les faire détruire ! Ce qui aurait été dramatique pour le classement de Bordeaux au patrimoine mondial de l’Unesco (…) Le patrimoine de Bordeaux est magnifique et exceptionnel. À titre d’exemple, la Région Aquitaine s’intéresse aux abattoirs pour y implanter le Frac et un pôle culturel régional. Il faut défendre ce patrimoine au lieu de les laisser à l’abandon. Il appartient surtout au maire de Bordeaux d’inventorier les équipements historiques qu’il souhaite sauvegarder. Il appartient donc au maire de se battre pour les conserver, qu’il s’agisse de la sauvegarde d’un ouvrage historique ou encore du maintien de l’école de Santé Navale ! Et cesser de faire porter aux autres ses propres responsabilités ou échecs ! ».

Quant à la passerelle Eiffel, rétablir les vérités s’impose :

  1. C’est à la Mairie de Bordeaux d’agir. Le Conseil Régional d’Aquitaine participe au financement de la construction du Pont Garonne qui représente la première étape de la suppression du bouchon ferroviaire, préalable indispensable à l’arrivée de la Lgv à Bordeaux. La destruction de la passerelle a été incluse dans l’opération en raison de la gêne qu’elle occasionne pour la mise en service du nouveau pont ferroviaire. La conservation de cet ouvrage - dont aucune évaluation rigoureuse et fiable n’a été faite à ce jour – n’a pas été prise en compte par la Région parce qu’à aucun moment la Mairie de Ville de Bordeaux n’est intervenue. La Région Aquitaine est avant tout impliquée, et pour des sommes considérables, par l’insertion de Bordeaux dans le réseau à grande vitesse européen, le développement du Ter Aquitaine et du transport ferroviaire de marchandises.
  2. Un réveil très tardif de la Mairie de Bordeaux. Le Conseil Régional d’Aquitaine a demandé dès octobre 2007 au maire de Bordeaux de préciser ses projets concernant le devenir de cette passerelle. Or, le premier groupe technique n’a été réuni par ses soins qu’en mai dernier, alors que Rff alerte depuis deux ans les différents partenaires sur l’obligation de détruire la passerelle dés la mi-2008 pour raccorder le nouveau pont à la Gare St-Jean. Suite au retard pris par la mairie, Rff n’a détruit que les premières travées du pont côté rive gauche, entraînant une fragilisation de la passerelle qui doit être confortée dans les trois mois, sans qu’aucune étude n’ait jusqu’alors été engagée par la Mairie de Bordeaux qui se réveille soudainement. Aujourd’hui, si la mairie prend la décision de conserver ce pont, elle devra débourser 1,2 million d’euros immédiatement pour le consolider. Ensuite, un an d’études sera nécessaire pour élaborer le projet de conservation et l’évaluation des coûts, qui d’après les premières estimations « au dire d’experts » se situerait dans une fourchette comprise entre 16,3 millions d’euros pour une conservation sans usage et 22,3 millions d’euros pour une reconversion en passerelle piéton/vélo, avec une incertitude de plus ou moins 25 %. Enfin, si la mairie décide de ne conserver qu’une travée et demie - comme l’entreprise Eiffage l’avait proposé en son temps lorsqu’il a gagné le concours du pont ferroviaire sur la Garonne -, il n’en coûtera que deux millions d’euros à la Ville de Ville de Bordeaux.
  3. La Mairie de Ville de Bordeaux brandit aujourd’hui le spectre de la perte du label patrimoine mondial de l’Unesco comme une forme de chantage sans qu’aucune certitude n’existe aujourd’hui… sauf à disposer d’information nouvelle et inédite. Ce n’est pas en cherchant des boucs émissaires que la Mairie de Ville de Bordeaux se dédouanera de ses responsabilités.

Source : Conseil Régional d’Aquitaine

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