Des coccinelles contre les pucerons à Bordeaux
Dans le cadre des actions de gestion raisonnée et du développement d’alternatives aux traitements phytosanitaires (remplacement insecticides et fongicides, mise en place d’une protection biologique intégrée en milieu ouvert), la Mairie de Bordeaux poursuit la lutte biologique à grande échelle.
Après des résultats très positifs en 2006 et 2007, des centaines de coccinelles vont à nouveau être lâchées dans les tilleuls de plusieurs quartiers, à l’attaque des pucerons ravageurs.
Après le premier lâcher de larves de coccinelles de la saison au mois de mai, un second lâcher a eu lieu aujourd’hui, jeudi 19 juin 2008 :
- cours Barbey (52 arbres, 5200 larves),
- place des Martyrs de la Résistance (2 arbres, 200 larves),
- crêche, 11 rue Gaspard Philippe (7 arbres, 700 larves).
Au total, 268 arbres des espaces publics sont concernés par la lutte biologique contre le puceron. L’enjeu est de ne plus utiliser de produits chimiques sur les tilleuls des rues de Bordeaux. Les coccinelles sont réparties dans des boites de lâchers et installées où les pucerons sont nombreux.
Par ailleurs, des essais seront menés cours du Chapeau Rouge pour lutter contre le psylle, sorte de puceron ravageur qui attaque particulièrement cette année les érables champêtres et dont les piqûres affaiblissent l’arbre. Des punaises prédatrices (Anthocoris nemoralis) vont être utilisées pour le combattre.
Ces dernières années, les attaques de pucerons ont fait l’objet de nombreuses plaintes de riverains des rues plantées de tilleuls. Secrétant un liquide collant (le miellat), les pucerons occasionnent des désagréments, notamment sur les voitures ou mobiliers. L’arbre est aussi touché, avec le développement d’un champignon (la fumagine) qui recouvre ses feuilles d’un film noirâtre limitant la photosynthèse.
L’opération devra maintenir la quantité de pucerons sous les seuils de nuisances, en conservant une population suffisante pour nourrir les coccinelles et leur permettre de rester dans les arbres. Un équilibre subtil doit être trouvé pour une réussite durable, en permettant aux coccinelles d’être toujours prêtes en cas d’augmentation des pucerons. La coccinelle à deux points utilisée à Bordeaux pour lutter contre les pucerons, peut en consommer jusqu’à 60 par jour.
En 2006 et 2007, les coccinelles ont nettement fait chuter le nombre de pucerons. Les nuisances provoquées par le miellat ont été minimes, l’objectif de confort des usagers atteint, ouvrant des perspectives intéressantes pour le contrôle biologique des pucerons en milieu ouvert et d’autres nuisibles du même type.
Depuis 2004, la Mairie de Bordeaux s’est engagée dans une démarche de gestion raisonnée des espaces verts, s’appuyant sur les éléments de la Charte de l’Écologie urbaine. Cette action prévoit entre autres le développement des techniques respectueuses de l’environnement et la diminution des traitements phytosanitaires, source de pollutions et d’éliminations des auxiliaires des cultures. Cette année, grâce aux coccinelles, la direction des espaces verts de la Mairie de Bordeaux va encore diminuer l’utilisation de produits contre les pucerons.
Source : bordeaux:
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